• ÉPILOGUE : LE PAT

    Les Protecteurs de Safirel ont triomphé de leur ennemi et profitent d'un repos bien mérité. Seulement, dans l'ombre, le maître-marionnettiste du comte Arkz fomente déjà son prochain coup... L'heure du Prince des Ténèbres approche.


    À suivre ?

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    ÉPILOGUE : LE PAT 

       Mickaël entrouvre les yeux. Non, le soleil est brûlant. Il les referme. Son esprit quitte le monde des rêves pour réintégrer son corps. Il tâte alentours. Des draps… un oreiller… un matelas… C’est officiel, il est dans un lit. Il est douillet, il est moelleux, il est confortable, non, il ne veut pas en sortir… L’odeur du pain grillé lui titille le nez. Le bruit de l’eau dans les canalisations lui indique que quelqu’un est en train de se laver. Il entend des frémissements et des grincements à l’étage inférieur. Ses parents s’installent à table pour le petit-déjeuner. Une voix le fait sourire.

    — Mickaël… Debout…

       Il ne veut pas se lever. Il veut profiter. Profiter que tout ce qu’il a vécu pendant cinq jours n’était qu’un rêve. C’est si bon… C’était un rêve fantastique. Dommage, il ne s’en souviendra plus vers la fin de journée.

    — Mickaël…

    — Hum… non…

    — Allez, il est l’heure…

    — Je veux dormir, m’man…

       Une main le secoue doucement.

    — Debout…

    — Non, encore cinq minutes…

    — J’ai dit debout !

       Deux grosses mains l’empoignent par le pyjama et le secouent comme un prunier.

    — Tudjuu, mais tu vas te réveiller oui ?

    — Waaaowaaaowaaa… Mais… Arnaud ?!

    — Bah oui ! Corniaud ! Tu croyais quoi ?

       Mickaël observe son ami. Deux mètres de haut. Une barbe hirsute. Des cheveux bouclés. Une voix rocailleuse. Il se touche les oreilles. Pointues. Il observe rapidement la pièce. Des murs blancs, un parquet impeccable, une fenêtre ouverte laissant passer la lumière du soleil et le vent qui soulève légèrement des rideaux. Il retombe mollement contre le matelas, et se couvre le visage de l’oreiller.

    — Nooooooon, gémit-il. Noooooon nooooon noooooon.

    — Bah quoi ?

    — On est encore à Safirel ?

    — Bah oui.

    — Noooooon ! J’étais persuadé que ce n’était qu’un rêve !

    — Bah… non.

    — Merci de ta compassion, je suis touché !

       Arnaud hausse les épaules. Toujours de mauvaise humeur. Toujours. Le demi-elfe se redresse et s’assied en tailleur.

    — J’ai dormi longtemps ?

    — Une journée, environ. Peut-être un peu moins.

    — Quand même… Il s’est passé des trucs ?

    — Ouais. La comtesse de Tragamor s’est fait arrêter.

    — Ah bon ?

    — Ouais… La plupart des soldats d’Arkz avaient des armes de facture de Tragamor, et on a retrouvé chez elle une tenue de Dreadstadt, et, surtout… la liste des comtes qui voulaient renverser le Premier Ministre, avec dessus le nombre de troupes qu’ils ont fournies, leurs accords, et la preuve que c’est sur ces ordres que Willow a été brûlé.

    — … Mais c’est pas vrai. L’uniforme, c’est celui de Kieran, et Willow s’est fait raser par les bandits de Lumiya. Et puis, enfin, on avait des tenues de Tragamor y a, donc, deux jours, quand on a poutré Arkz !

    — Le Premier Ministre a interprété comme si en fait, elle nous avait utilisés pour faire croire qu’on agissait sous ses ordres.

    — Ouais, ça, je veux bien le croire, par contre. C’est une politicienne, hein.

    — Bref, elle a été emprisonnée hier soir, pour l’exemple.

    — Et les autres comtes ?

    — Rien. Pour quelle raison, aucune idée.

    — Mouais…

    — Bon, lève-toi, et habille-toi. Le Premier Ministre nous voit dans une heure pour nous décorer.

    — Nous décorer ? De ? La légion d’honneur ?

    — Va savoir.

     

     

     

       Le Premier Ministre marche d’un pas pressé dans les couloirs et les escaliers, ne décollant pas les yeux de papiers et de documents qu’il tient en main. Machinalement, il tend le bras en avant, tourne la poignée, pousse la porte, et entre dans le bureau qui lui est réservé. Les rideaux sont tirés et empêchent la lumière d’entrer, mais il n’y prête pas attention. Il se contente de poser sa paperasse sur la table. La porte se referme.

    — Merci, Mademoiselle la Secrétaire.

    — Tout le plaisir est pour moi, Monsieur le Premier Ministre.

       Il écarquille les yeux. Comment cela, Mademoiselle la Secrétaire ? Il fait volte-face, et sursaute en remarquant que Lycoris, la traîtresse, se tient devant lui, les deux mains sur la poignée de la porte.

    — Vous n’êtes pas…

    — Morte ? Non.

    — Comment ?

    — Lycoris est un succube, Monsieur le Premier Ministre.

       Le fauteuil du Premier Ministre tourne sur lui-même, et dévoile le Pirate confortablement installé dedans, en train de lire le journal, sirotant une boisson à la coca.

    — La seule chose qu’elle craint, c’est une attaque de nature magique. Le reste ne lui fait aucun mal. Et ça explique également le fait que vos détecteurs de mensonges n’aient pas fonctionné sur elle. Les démons sont des êtres bien étranges. Pas étonnant qu’ils aient failli raser le pays, il y a neuf ans.

    — Vous…

    — Moi. Je dois avouer que vous n’avez pas rendu mon évasion facile. Je pensais qu’avec le petit traitement de ce cher ex-comte, il n’y aurait plus un seul Joyau de la Couronne debout, mais apparemment, je me trompais.

    — Vous avez tué ces deux hommes. Vous êtes coupable de meurtre au sein-même de la capitale de Safirel. Je vais appeler la garde. Elle va vous arrêter une bonne fois pour toutes.

        Le Pirate pose le verre sur le bureau, et tire un pistolet à silex de sa ceinture.

    — On parle moins bien avec un trou dans la tête, Monsieur le Premier Ministre.

    — Vous n’oseriez pas.

    — Ah non ?

    — Cette action irait contre vos intérêts.

    — Mes intérêts, Monsieur le Premier Ministre, exactement. Dites donc, c’est une riche idée que d’avoir épargné les autres comtes. Du coup, ils vous sont reconnaissants de ne pas les avoir punis, et voilà, tadam, vous les avez ralliés à vous. Désormais, vous avez la mainmise sur tout le pays. Douze comtes sur quatorze avec vous, un en prison et le dernier mort. Bien joué.

    — Venez-en au fait.

       Le Pirate lève enfin ses yeux de couleur ambre sur le Premier Ministre, plie le journal, et le dépose à la place du verre, qu’il reprend en main et porte aux lèvres.

    — Lycoris, sers un rafraîchissement au Premier Ministre.

       Le succube acquiesce. Elle se dirige vers un secrétaire cubique. Elle en ouvre les battants, et s’affaire à préparer un cocktail au Premier Ministre. Ce dernier voit là l’occasion rêvée de sauver sa vie, et se précipite sur la porte, mais le déclic d’un pistolet que l’on charge lui fait soudain changer d’avis. Lycoris lui donne sa boisson, et revient près de son capitaine, qui, lui, avale gorgée sur gorgée de son verre tout en tenant Syndros Talamec en joue.

    — Ah… tiens, Lycoris, dit-il en tendant le gobelet à sa subalterne. Merci. Donc, voilà mon problème, Monsieur le Premier Ministre. Depuis que les petits jeunes de Grosmanu ont supprimé, appelons un chat un chat, mon employeur, j’ai, comme qui dirait… un manque à gagner. Et j’ai donc naturellement pensé que vous seriez enchanté de combler ce petit déficit dans mes caisses.

    — C’est de l’extorsion !

    — Les impôts ne sont ni plus ni moins que du racket organisé.

    — J’en référerai au Haut Conseil !

    — Je sais des choses sur vous. Des choses en rapport avec Lumiya Vonraken…

    — Ce n’est qu’un tissu de mensonges et de calomnies ! Je n’ai jamais commandité l’assassinat de l’amie de cette femme !

    — Les histoires, ça s’invente. Votre côte de popularité en prendrait un coup.

    — Vous essayez de me faire chanter.

    — Je réussis.

       Le Pirate se lève et se dirige droit sur le Premier Ministre. Il lui plaque le canon de son pistolet contre le front.

    — Lycoris, un papier et une plume, s’il te plaît.

       Le succube s’exécute, et octroie à son capitaine ce qu’il lui a demandé.

    — Vous allez signer ici un laissez-passer qui me donnera accès à la trésorerie d’Olympa.

    — Plutôt mourir.

    — Ça ferait désordre. Contentez-vous de rédiger ce laissez-passer.

       N’ayant aucune autre alternative, le Premier Ministre capitule, pose le verre sur un meuble, s’empare sauvagement du papier et de la plume, griffonne rapidement deux-trois lignes, et les rend au Pirate.

    — Voilà. Je ne veux plus vous voir. Jamais. Ni vous, ni vous, ajoute-t-il à l’attention de Lycoris. Notre collaboration est terminée.

    — À votre guise, kssshéhéhé… Oh, avant que nous ne partions, il faut que vous buviez…

       Il esquisse un geste de la tête en direction du gobelet en étain.

    — Maintenant.

    — Il est empoisonné, n’est-ce pas ?

    — Seulement agrémenté d’un petit composant qui, dans les grandes lignes, agit sur la mémoire, et vous fera oublier tout ce qu’il s’est passé durant les dix dernières minutes.

    — Vous mentez.

    — Je n’aurais pas pris la peine de vous menacer, Monsieur le Premier Ministre. Buvez, maintenant.

       À nouveau contraint, le Premier Ministre obtempère, et avale d’un trait le liquide.

    — Parfait. Ne bougez pas trop, les vertiges figurent parmi les effets secondaires. À présent, nous nous retirons, Monsieur le Premier Ministre.

    — Disparaissez. Ne revenez plus jamais.

    — Vous avez ma parole de pirate, kssshéhéhé…

       Le Pirate et Lycoris sortent du bureau, laissant Syndros Talamec seul dans la pénombre. Ils descendent les escaliers quiètement.

    — Qu’est-ce que tu vas faire pour Sabot-d’acier ?

    — Rien, comme toujours. J’aime jouer à chat avec lui.

    — Et ses petits copains ?

    — Nous verrons, kssshéhéhé… Peut-être qu’ils sauront se révéler amusants. Nos routes se croiseront à nouveau, de toute façon.

    — Comment tu peux l’affirmer ?

    — Fais confiance à ton capitaine, Lyco ! Fais confiance à ton capitaine !

     

     

     

       Il est midi, et la lumière du soleil inonde la place du palais. Vincent, Arnaud, Mickaël, Kieran, Grosmanu, et, bien entendu, Georges, attendent les bras, ou les ailes, croisés, en bas de l’escalier qui mène à l’entrée du château. Ils sont encerclés par une foule d’individus de toutes sortes, et la seule chose qui les en sépare, c’est la rangée de lanciers en blanc et or. Un sourire illumine leur visage quand ils aperçoivent Amélie arriver, soutenue par une béquille, affublée d’une nouvelle paire de lunettes, et suivie par… Smiss Évesson… Déjà de loin, ils l’entendent baragouiner son refrain si caractéristique :

    — Vous voyez, Mademoiselle, ces lunettes vous siéent à raaaavir. Elles font ressortir le contraste entre votre front et la pupille de vos yeux. Je vous l’avais garanti, Mademoiselle ! Avec Évesson, on est canon !

       Elle ne répond pas, mais même un aveugle pourrait percevoir l’aura de profond agacement que dégage la jeune fille.

    — Et cette béquille, Mademoiselle, c’est un cadeau de la maison ! Sa forme fuselée et son rembourrage en mousse vous assureront une maniabilité exceptionnelle ! Si vous voulez bien prêter attention au petit bouton, là, vous remarquerez que la jambe est réglable non pas une fois, non pas deux fois, mais bel et bien cinq fois ! Avec Évesson, comme à la maison !

       Et il continue sur sa lancée, en déclinant son nom sous tous les formes possibles : avec Évesson, que du frisson, avec Évesson, la forme à fond, avec Évesson, tout aux forgerons… Vincent bouillonne. Il le trouve trop près de sa bien-aimée, ce petit homme. Ce que ne manquent pas de remarquer Kieran et Arnaud.

    — Oh, Grosmanu, ça te dit qu’on l’engage avec nous, ce bonhomme ? Il pourrait nous conseiller…

    — Non, coupe Vincent.

    — Oh, allez, il a l’air sympa.

    — J’ai dit non.

    — Moi, j’l’aime bien, commente Mickaël.

    — Non, tu l’aimes pas.

    — Si.

    — J’ai dit non.

    — Côt !

       Amélie les rejoint, et Smiss Évesson la quitte, ayant entendu quelque part dans la foule que “ces lunettes sont très jolies”. L’Elfe esquisse une moue de satisfaction en s’enfonçant entre les bras de Vincent, et ne dit pas un mot. Soudain, le ramdam des tambours attire leur attention. Le Premier Ministre paraît en haut de l’escalier. Et c’est la montée des marches. Une à une, ils les gravissent, fièrement, droitement. Marche après marche, pas après pas, ils escaladent la pente. Un aboiement fait sursauter Mickaël. Il tourne la tête, et repère, qui s’est glissé entre deux gardes, un berger allemand. Son maître vient le récupérer par le collier.

    — Allons, Gunther, ils vont avoir peur.

       Gunther ? Ce nom lui rappelle quelque chose… Le bras de Kieran l’arrête. Il allait rentrer dans le Premier Ministre.

    — Mes amis, vous avez su déjouer un complot visant à détruire le gouvernement, vous avez sauvé cette ville, vous avez vaillamment combattu le désormais déchu comte Arkz Fatalis et avez mis fin à ses manigances. Pour tout cela, pour votre bravoure de cœur et votre courage d’esprit, mes jeunes amis, vous méritez la plus haute récompense jamais décernée à Safirel.

    — De l’argent, j’espère, bougonne Grosmanu.

    — Voilà pour vous… La Croix de la Liberté !

       Un garde porte sur un coussin rouge sept médailles représentant chacune un poulpe dont les quatre bras sont disposés en forme… de croix gammée…

    — Vous êtes sérieux, là ?

    — On va pas porter ça !

    — On peut pas porter ça !

    — Ouais, je veux mon argent, renchérit Grosmanu.

    — Enfin, allez… on la remettra plus jamais de toute façon.

       Un à un, ils se voient remettre autour du cou la prestigieuse décoration.

    — Tournez-vous, intime le Premier Ministre.

       Ils se tournent et font face à toute la population. Georges lance un long et vigoureux “côôôôt”, et tout le monde applaudit. Les “vive les Protecteurs de Safirel !” fusent de toutes parts.

    — Les Protecteurs de Safirel ? demande Mickaël, intrigué.

    — C’est nous, répond Kieran.

    — Comment ça ?

    — Bah Grosmanu nous trouve fun, alors il a décidé de quitter le Syndicat et de monter un groupe avec nous. Et comme on dirait qu’on est partis pour rester ici encore un moment…

    — Et qui a trouvé ce nom ?

    — C’est moi, répond Arnaud. Tu aimes ?

    — C’est ridicule.

     

     

     

       C’est un véritable festival dans toute la ville. Comme la Fête de l’Éclipse n’a pas pu avoir lieu la veille, les habitants d’Olympa se rattrapent aujourd’hui. À l’auberge de l’Oie Déchaînée, là où tout a commencé, Arnaud, Grosmanu et Vincent se sont joints à un concours de boisson, et le grand Nain est en tête. Kieran, Mickaël et Georges ont, quant à eux, pris part à une partie de poker endiablée, et… même sans mains… l’Émeu Commun gagne.
       Amélie s’écarte un peu. Une migraine lui lacère le crâne. Les murmures de la voix sont insoutenables. Elle clopine jusque dans une salle en retrait, coupée du monde et de la lumière, et s’adosse à un mur. Plus un son ne passe, plus une odeur. Quelques rayons solaires traversent les volets clos, et zèbrent de traits diffus un grand miroir. Enfin seule. Un grand homme sortant de l’ombre vient perturber sa quiétude. Son long manteau rapiécé est trop grand pour lui. Du coude, il époussette un chapeau haut-de-forme. Amélie ne lui accorde aucune attention, elle essaie de se concentrer sur la voix. L’homme place son couvre-chef sur la tête, et rabat ses longs cheveux noirs et sales en arrière. Les rares rais de lumières qui filtrent dans la petite pièce révèlent que l’individu est habillé de vert et d’orange.

    — C’est un véritable exploit, que vous avez fait là, dit-il.

    — Je sais, répond Amélie. Bien que je n’y ai pas pris part personnellement.

    — Tout s’est déroulé exactement comme vous le pensiez. Je suis sincèrement désolé d’avoir douté de vous.

    — Vous en ai-je tenu rancœur ? Le corps de Lumiya a bien disparu ?

    — Je m’en suis occupé moi-même. Toutefois, prenez garde à ne pas perdre trop de temps. Mes maîtres s’impatientent un peu plus à chaque jour supplémentaire passé dans leur geôle.

       Amélie se tourne vers le miroir, s’appuie dessus d’une main et porte l’autre au front.

    — C’est vous, l’Émissaire. Négociez. Calmez-les. Laissez-moi m’occuper de tout ceci.

    — Cela fait plus de dix ans que vous êtes à leur service.

    — Ils attendent depuis le début des temps. Quelques mois ou années de plus ne changeront rien au résultat.

    — Et que comptez-vous faire, désormais, pour ces Protecteurs de Safirel ?

    — Absolument rien. Vous comme moi savons que, quand un plan est orchestré à la perfection, il n’y a nul besoin d’agir pour pousser un peu les choses en avant.

    — Qu’adviendra-t-il du comte Arkz ?

    — Le comte n’est plus comte. Et Arkz n’est plus.

        L’Émissaire frémit. La mort est un concept qui lui est inconnu et qu’il a du mal à saisir, mais il sait que c’est ce que craignent le plus les mortels. Et cette personne devant lui n’hésite pas une seule seconde à sacrifier son corps pour parvenir à ses fins. Une façon bien ignoble d’obtenir ce que l’on désire le plus.

    — Combien de fois comptez-vous encore mourir ?

    — Autant de fois qu’il le sera nécessaire. On n’obtient pas la victoire sans sacrifier quelques pions.

    — J’espère que vous savez ce que vous faites.

    — Je sais toujours ce que je fais. C’est la raison pour laquelle je suis le Darkafelt.

       Un éclair doré traverse les yeux d’Amélie.

    — Taadi’ra Darkafelt.


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